Metz – Luxembourg

François Grosdidier, maire de Metz et président de Metz Métropole

« L’Etat français ne regarde pas Metz et Luxembourg comme un même bassin de vie »

Grosdidier
François Grosdidier

© Philippe Gisselbrecht – Ville de Metz

« L’Etat français ne regarde pas Metz et Luxembourg comme un même bassin de vie », François Grosdidier, maire de Metz et président de Metz Métropole.

Le président de Metz Metropole, François Grosdidier (Les Républicains) souhaitait être associé à la rencontre qui s’est tenue le 1er juin entre les Premiers ministres Jean Castex et Xavier Bettel dans le cadre des relations bilatérales France-Luxembourg. Il n’a pas obtenu gain de cause, mais il structure un arc intercommunal pour porter la voix des territoires frontaliers.

Pourquoi n’avez-vous pas été convié aux deux jours de rencontres bilatérales qui se sont déroulés à Paris ?

Il n’est manifestement pas dans les us et coutumes de l’Etat français d’associer les collectivités aux discussions bilatérales. C’est regrettable car si certains sujets comme la fiscalité doivent se traiter d’Etat à Etat, d’autres, pratico-pratiques, engagent les collectivités côté français et l’Etat côté luxembourgeois. En dépit des promesses verbales, il n’est pas dans les réflexes du Quai d’Orsay de prendre en compte cette réalité. C’est d’autant plus dommage que les collectivités territoriales auraient parlé d’une voix.

Qu’auriez-vous souhaité faire valoir ?

L’Etat français ne regarde pas Metz et Luxembourg comme un même bassin de vie. Or, nous formons une même métropole insuffisamment organisée sur le plan des transports. Comme nous sommes transfrontaliers, nous sommes régis par des réglementations européennes. Nous subissons donc des contraintes que des agglomérations comme Lyon ou Paris ne connaissent pas.

Quels que soient les efforts de la Région pour rallonger les quais, augmenter la capacité des rames et le cadencement, on ne s’en sortira pas sans une troisième ligne ferroviaire entre Metz et Luxembourg. Or, cette liaison n'est pas financée et ne semble pas être à l’ordre du jour. Je n’ai pas l’impression que lors des discussions d’Etat à Etat, on ait beaucoup parlé de ces sujets.

Comment comptez-vous vous faire entendre ?

Si l’Etat ne nous aide pas, nous nous appuierons sur les forces locales. J’ai réuni pour la première fois, sans média, la totalité des EPCI de Metz, Thionville, Briey, Longwy, mais aussi les intercommunalité du nord-est lorrain jusqu’à Boulay et Bouzonville. Dans cette zone d’influence naturelle de Metz, ces intercommunalités frontalières ne s’étaient jamais rencontrées et n’avaient jamais eu l’occasion d’échanger.

En lien avec la Région, nous avons travaillé sur les sujets d’enseignement supérieur, de formation et d’infrastructures de mobilité. Il n’y a pas de conflit de légitimité, car les questions se posent en termes différents selon la taille et les secteurs géographiques. Metz est plutôt concerné par les questions d’enseignement supérieur et de formation. Dans ce domaine, il ne sert à rien de pleurer parce que le Luxembourg nous « piquerait » des emplois qualifiés. Cela ne me dérange pas de former des salariés luxembourgeois s’ils consomment et paient leurs impôts dans la métropole. Les questions de mobilité concernent les grands axes, mais aussi les secteurs de Sarreguemines, Freyming-Merlebach ou Bouzonville, dans lesquels l’attractivité du Luxembourg s’exerce également.

Nous avons des objectifs communs et faisons preuve d’une vraie solidarité pour aborder ensemble la relation avec le Luxembourg. Si nécessaire, nous pourrons créer des syndicats mixtes à vocation unique ou des structures juridiques ad hoc. Mais je déteste les grands ’messes et la structure ne doit pas précéder le projet.

Propos recueillis par Pascale Braun

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