Rhin supérieur

Une cartographie citoyenne redessine l’eurodistrict de Strasbourg à l’Ortenau

Un an de contributions citoyennes à Karto-District ont débouché, à la fin du premier trimestre, sur un ensemble de cartes aux thématiques inédites, à l’échelle transfrontalière de l’Eurodistrict Strasbourg-Ortenau.

MapNaturalAreas

De la démographie aux espaces naturels en passant par l’occupation du sol ou l’emploi industriel, le micro-projet Interreg (1) Karto-Disctrict a exploré l’eurodistrict Strasbourg-Ortenau sous des angles originaux.

« Nous nous sommes efforcés de ne pas reproduire ce qui avait déjà été entrepris par ailleurs », souligne Benoit Ribon, du laboratoire Image, ville, environnement (LIVE) du CNRS.

En particulier, des données très exhaustives sont déjà concentrées dans un système d’information géographique à l’échelle de l’ensemble du Rhin supérieur, GeoRhena.

Une partie de la sélection s’est opérée par défaut. En effet, certains sujets se sont heurtés à l’obstacle de données, qui s’avéraient par nature trop éloignées de part et d’autre de la frontière avec de surcroît une représentation cartographique excessivement complexe. Ainsi, les flux de déplacement auraient produit un touffu et ainsi illisible ensemble de flèches.

« Nous voulions éviter de constituer des cartes soit trop parcellaires dans le cas de la santé et l’éducation, soit à l’inverse pléthoriques, pour les équipements sportifs », poursuit Benoit Ribon.

Dénominateur commun

Le projet est parvenu à trouver des dénominateurs communs à des données au départ non concordantes, à l’exemple des inondations autour du critère des crues centennales, ou de la qualité de l’air qui a bénéficié du travail d’harmonisation du programme de coopération Atmo-Vision.

A l’inverse, l’enrichissement venu des citoyens constitue la principale originalité de Karto-District.

Lioba Markl-Hummel

© DR

 « Le fait d’associer le monde économique aux travaux a ajouté des thématiques que nous n’avons pas identifiées au départ, comme le nombre de dépôts de brevet en tant qu’indicateur pertinent de l’innovation », souligne Lioba Markl-Hummel, chargée de projets aménagement du territoire à l’Eurodistrict.

D’autre part, les citoyens « de base » ont été conviés à proposer des thèmes, et ils ont répondu présent. L’’équipe Karto-District se montre satisfaite du nombre de contributions, de l’ordre d’une centaine. C’est grâce à celles-ci que l’on peut désormais localiser sur une carte les tables de pique-nique de l’Eurodistrict, ses points de vue ou encore ses lieux de baignade.

De nouvelles ressources géographiques

Du point de vue technique, le projet a largement fait appel à la plate-forme collaborative OpenStreetMap, ce qui peut interroger quant à la validité scientifique. Le chercheur Benoit Ribon assume le choix.

« On constate qu’OpenStreetMap est plus riche et plus à jour que des données officielles sur certaines thématiques… et assez fidèle à la réalité dans son contenu. Nous y voyons une nouvelle opportunité pour la production de ressources géographiques ».

L’ensemble de cartes de Karto- District est ainsi mis désormais à la disposition des décideurs de l’Eurodistrict pour les appuyer dans la définition des politiques publiques ainsi qu’aux citoyens qui découvriront une autre vue de leur bassin de vie transfrontalier.

(1) 66 000 euros, porteurs CNRS (LIVE-ZAEU), Hochschule de Kehl, Eurodistrict Strasbourg-Ortenau, Wirtschaftsregion Ortenau, Ecole nationale supérieure d’architecture de Strasbourg (Ensas)  Association de prospective rhénane (APR

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