Grande Région

Le parc zoologique de Sainte-Croix, porte-étendard de la faune européenne

Créé voici un quart de siècle pour reconnecter les habitants du Grand Est à leur faune patrimoniale, le domaine de Sainte-Croix constitue un haut lieu de la biodiversité européenne. Du bison à la tortue cistude, l’entreprise familiale contribue au repeuplement d’espèces menacées.

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Les cerfs, les ours, les loups, et plus largement, la centaine d’espèces réunies au parc zoologique de Sainte-Croix ont retrouvé leur public. Après deux années perturbées par la crise sanitaire, les visiteurs affluent à nouveaux à Rhodes, village du sud mosellan désormais connu de toute la Grande Région pour ses 1.500 hôtes représentatifs d’une faune européenne oubliée ou méconnue. Fondé par Gérard Singer, agriculteur et chasseur, et son épouse Liliane, le parc, implanté sur 135 hectares de terres infertiles, constitue aujourd’hui l’une des attractions les plus prisées du Grand Est.

Clément Leroux

© DR

« Qu’il s’agisse des visiteurs individuels, des groupes, des scolaires ou des séminaires d’entreprises, la fréquentation accumule des records depuis le début de l’année. La canicule a quelque peu freiné les visites durant les journées les plus chaudes de juillet, mais nous nous situons au-dessus des chiffres de 2019, qui a constitué notre année de référence avec 360.000 visiteurs, et le mois d’août se présente bien », annonce Clément Leroux, directeur de la communication du domaine de Sainte-Croix.

Visiteurs transfrontaliers

Si les visites journalières émanent majoritairement du Grand Est, les séjours nature, qui proposent une immersion de plusieurs jours dans la faune locale attirent une moitié de visiteurs extérieurs, majoritairement franciliens mais aussi luxembourgeois, belges et suisse. Peu familiarisés avec le concept de parcs zoologiques, les voisins allemands restent peu nombreux, d’autant que les attractions familiales du parc ne correspondent guère à un public sarrois plutôt âgé.

De l’écrevisse au bison

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© Parc Sainte Croix

Consacré à la faune européenne, le parc mosellan a progressivement ouvert ses enclos aux animaux d’Amérique du Nord et aux espèces menacées, tout en renforçant son ancrage territorial. Il s’est largement impliqué dans le classement de la Moselle-sud au titre de réserve mondiale de biosphère de l’Unesco en septembre 2021.  Pour contribuer à la biodiversité locale, le parc a recréé, dans un endroit tenu secret, un petit torrent où s’ébattent en toute sécurité des écrevisses locales.

Le domaine de Sainte-Croix participe également à plusieurs programmes d’élevage et de réintroduction d’espèces européennes dans leur milieu d’origine. Les bisonneaux de Moselle repeuplent aujourd’hui les troupeaux d’Azerbaïdjan. Au cours des prochaines années, les prochaines générations partiront peut-être en Pologne, en Allemagne, aux Pays-Bas ou en Espagne. Des milliers de grands bovins sauvages, dont l’espèce avait presque disparu voici un siècle, paissent aujourd’hui tranquillement dans des réserves européennes.

Chouette de l'Oural

© Jean Cosgrove

Une nurserie pour les tortues

Les vautours fauves éclos à Sainte-Croix émigrent dans les Balkans. Le parc intensifie l’élevage de chouettes de l’Oural avant d’envisager leur réintroduction. Les dernières protégées en date sont les cistudes, également dénommées tortues bourbeuses, qui éliminent charognes et animaux malades des eaux stagnantes européennes.  Le domaine de Sainte-Croix accueille de jeunes tortues venues d’autres parcs animaliers et dispose de son propre bassin d’élevage. Les reptiles y resteront durant plusieurs années avant de rejoindre le milieu naturel. Un autre bassin – soigneusement séparé – accueille des centaines de tortues de Floride, recueillies chez des particuliers pour éviter la catastrophe écologique que représentent les lâchers sauvages dans les rivières européennes.

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