Sport, culture et mémoire : quelques jalons pour 2026
Des stades, des salles de concert, des lieux mémoriels ou des musées... dans l'espace frontalier, la culture s'exprime dans tous les modes, en tous lieux et sur tous les tons.

Dans le Rhin supérieur, la mémoire prépare ses temps forts
A Fribourg-en-Brisgau, le musée des Augustins (Augustinermuseum), musée d’histoire culturelle et artistique implanté au centre-ville, achèvera sa remise à neuf le 28 février. L’exposition inaugurale « Espaces d'avenir – Le musée en mutation » (Zukunfts(t)räume – Museum im Wandel) explorera les changements d’affectation passés du bâtiment pour imaginer l’avenir. Le Centre de documentation sur le national-
socialisme (Dokumentationszentrum Nationalsozialismus), ouvert en mars 2025, présentera à partir du 27 février sa première exposition : « La fin du témoignage contemporain ? » (Ende der Zeitzeugenschaft?).
Dans la même veine mémorielle, le Mur des noms, annoncé pour 2025, devrait voir le jour en 2026 dans les Vosges alsaciennes. Ce monument interactif rassemblera de façon inédite les noms de toutes les victimes civiles et militaires alsaco-mosellanes de la Seconde Guerre mondiale, au mémorial de Schirmeck.
Strasbourg rénove tribunes et lieux de spectacles
Année d’élections municipales, 2026 sera aussi celle de chassés-croisés de chantiers culturels pour Strasbourg. Les supporters du Racing club, actuel 7e du championnat de Ligue 1, devraient prendre possession des dernières tribunes rénovées du stade de la Meinau à la rentrée de la saison prochaine. Les fans de musiques actuelles qui trépignent depuis 18 mois devraient se trémousser au deuxième trimestre dans la salle de concert flambant neuve de la Laiterie. Des travaux d’aménagement démarreront au Palais des fêtes, qui accueillera à partir de 2028 les représentations de l’Opéra national du Rhin, pendant la rénovation du bâtiment du début du XIXe siècle.
A Liège, l’histoire d’une superstar nommée Cléopâtre
Cléopâtre a été statufiée en reine égyptienne pharaonique - merci Napoléon -, rêvée en Liz Taylor - merci Joseph Mankiewicz - ou encore taquinée en héroïne de BD - merci Uderzo et Goscinny. Femme de pouvoir d’origine gréco-macédonienne, séductrice vraisemblablement aussi, elle est l’incarnation de la figure mythique. Depuis le 20 décembre et jusqu’au 5 juillet, l’exposition “Cléopâtre Superstar”, à l’espace muséal Europa-Expo de la gare TGV de Liège-Guillemins, permet de traverser 2.000 ans en sa compagnie, entre Histoire et imaginaire. Conçue par Europa Expo, renommé pour ses présentations immersives, et le Musée royal de Mariemont, réputé pour ses recherches sur les civilisations de l’Antiquité, elle explore le très vaste univers de Cléopâtre.

© Muséal Europa Expo.
Plus de 60 objets historiques, sculptures et peintures, accompagnés de dispositifs interactifs -vidéos, extraits de films, installations ludiques… - sont présentés sur 2.000 m2. Au fil des salles, le visiteur suit l’épopée de la dernière souveraine d’Egypte, remonte jusqu’au mythe et parvient à son avènement en icône de la culture pop.
Morte par suicide, suite à la morsure d’un serpent ou par empoisonnement, Cléopâtre a subtilement survécu aux affres du temps : la Renaissance prisait l’Antiquité, les campagnes napoléoniennes ont débouché sur une égyptomania en Occident, le cinéma va s’y projeter à travers les yeux surlignés de noir d’Elizabeth Taylor… Actrice que pastichera d’ailleurs la BD “Astérix et Cléopâtre”. L’exposition dévoile la souveraine, qu’elle se niche du côté de Shakespeare ou dans un clip de Katy Perry, dans des jouets pour enfants ou dans des jeux vidéos… La représentation de Cléopâtre, qui ne se limite donc pas seulement à son fameux nez, constitue ainsi une trame passionnante, pour ce qu’elle dit des époques et des interprétations. Découvrir Cléopâtre Superstar
A Sarreguemines aussi, Cléopâtre est à l’honneur
En Moselle, le musée de Sarreguemines expose depuis septembre dernier un panneau représentant une superbe Cléopâtre allongée sur un divan à tête de lion, dans un décor floral et sur fond de pyramides et de désert. La Ville de Sarreguemines a effectué cette acquisition d’exception auprès d’une galerie d’art parisienne. Labellisée « Musée de France », l’œuvre réalisée à la fin du XIXème siècle par la faïencerie de la ville est désormais inaliénable.

© Musée de Sarreguemines.
Les recherches scientifiques ont permis d’attribuer le dessin de Cléopâtre à l’artiste Alexandre Sandier. Ancien directeur des travaux d’arts de la Manufacture de Sèvres, architecte à Chicago et à New-York, ce personnage étonnant, qui a collaboré avec la faïencerie mosellane, fera l’objet d’une grande exposition à Sarreguemines en 2027.
La Sarre relance ses festivals
Le 5 juillet prochain, la Völklinger Hütte, site classé au patrimoine mondial de Unesco, accueillera le nouveau festival Vibrancy Open Air. De 14h à minuit, des milliers de festivaliers écouteront de la techno dans un décor sidérurgique sublimé par des jeux de lumière. La programmation réunit des figures internationales de la scène électronique, parmi lesquelles Stephan Bodzin, Anfisa Letyago, Konstantin Sibold, mais aussi locales : Dave Lukas de Zurich ainsi que deux Sarrois reconnus du Silo (boîte de techno à Sarrebruck) Lea Lindner und Tony Mejeh. Le festival est sponsorisé par energis, fournisseur d’énergie sarrois.
Outre Vibrancy, un deuxième festival inédit, Stagetopia, se déroulera 13 juin sur le campus de l’Université de la Sarre. Ce festival prend le relais des Asta-Campusfestival, tourné vers les étudiants. Il compte accueillir 15.000 festivaliers autour d’une programmation éclectique, du hip-hop à la pop. Ces deux lancements succèdent à l’arrêt de Rocco del Schlacko, actif de 1999 à 2025 à Püttlingen.
@ Stefan Krause. © Muséal Europa Expo.