Lorraine - Luxembourg

Oreste Sacchelli, président du Pôle de l’image de Villerupt

« Le festival du film italien de Villerupt a voulu renouer avec l’esprit de la fête »

Ouvert ce 29 octobre, le festival de Villerupt présente jusqu’au 14 novembre dans sept salles lorraines et luxembourgeoises une quarante-quatrième édition riche et festive. Délégué artistique de la manifestation et président du Pôle de l’image de Villerupt, qui l’organise, Oreste Sacchelli revient sur un festival de dimension européenne, mais toujours solidement ancré dans son bassin transfrontalier.

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44e festival du film itamien de Villerupt

© Alessandra Carloni

En 2020, le Festival du film italien a dû fermer trois jours après son ouverture. Qu’avez-vous fait de cette quasi-année blanche ?

Nous l’avons mise à profit pour mettre en ligne nos archives. Les 1.500 films projetés depuis l’ouverture du festival en 1976 représentent l’une des plus grosses bases de cinéma italien d’Europe.

Nous avons également travaillé à la programmation de cette année dans un esprit de revanche. Alors même que la situation sanitaire était encore incertaine, nous sommes partis sur la base d’un festival normal, dans le respect absolu des règles sanitaires.

Nous avons voulu renouer avec l’esprit de la fête. C’est pourquoi nous consacrons une rétrospective à Dino Risi, maître de la comédie italienne. Dans ce même esprit, nous avons relancé les invitations. Une quinzaine d’équipes et de réalisateurs viendront présenter leurs œuvres, en dépit des difficultés liées aux tournages, qui ont repris de plus belle.

Lors de sa création, le festival était aussi celui des Italiens du Luxembourg. Est-ce toujours le cas ?

Oui, mais la réalité a changé. Le festival s’adresse aujourd’hui non plus à des Luxembourgeois d’origine italienne, mais à des Italiens vivant au Luxembourg. Les premiers immigrés italiens sont arrivés au Luxembourg à l’époque du fer, suivis des Portugais qui ont contribué à construire une société de services. Nous voyons aujourd’hui une nouvelle immigration italienne qui se définit elle-même comme une immigration d’expatriés. Ces jeunes sont au Luxembourg aujourd’hui, mais seront peut-être ailleurs demain. Ils migrent pour le travail, que ce soit dans les bars, dans les banques ou dans les institutions européennes. Ils ont un bagage culturel important et ressentent le besoin de garder une relation avec leur pays. Ils disent souvent qu’en 15 jours de festival, ils regardent plus de films italiens qu’en un an au pays.

Quelles sont aujourd’hui les coopérations du festival avec le Grand-Duché ?

La Kufa à Esch-sur-Alzette et le Centre national de l’audiovisuel de Dudelange constituent des salles officielles du festival. Par ailleurs, nous sommes partie-prenante du programme Esch2022. En octobre 2022, nous inaugurerons notre 45ème édition dans les locaux du centre culturel l’Arche, qui aura ouvert dans l’intervalle, par un concert de musiques de films italiens interprétées par l’Orchestre philarmonique de Luxembourg. Nous participerons également aux Estivales de l’Alzette, prévues sur le parvis de l’Arche l’été prochain, avec une exposition d’affiches. Nous promettons d’ores et déjà un festival « coi i fiacchi », autrement dit, nec plus ultra.

Professeur émérite de l’Université de Lorraine, spécialiste de civilisation italienne et de cinéma, Oreste Sacchelli dédicacera ce vendredi 5 novembre son dernier ouvrage « Mes meilleures années », consacré au cinéaste Marco Tullio Giordana. Quinze chapitres présentent chacun des films de ce maître du cinéma social italien. Le livre donne ensuite la parole à ses proches. La chronologie et l’évolution de l’œuvre souligne un parcours complexe qui conduit aujourd’hui Marco Tullio Giordana, connu pour ses grandes fresques et séries, à privilégier les productions de plus petite dimension dont les femmes deviennent les personnages majeurs.

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