Rhin supérieur

Ces cabinets RH qui regardent de l’autre côté du Rhin

Présents mercredi dernier au salon de l’emploi « Warum nicht ! » de Mulhouse (Haut-Rhin), les agences de recrutement Probono, A/M/E et Personal 4U de Fribourg-en-Brisgau confirment l’intérêt encore plus marqué que par le passé des employeurs de la bande frontalière en Allemagne à trouver des collaborateurs venant du Sud-Alsace voisin.

Salon Warum nicht

Le salon de l’emploi en Allemagne « Warum nicht ! » tenu à Mulhouse mercredi a cumulé les signes de reprise du marché du travail outre-Rhin : une fréquentation (plus de 600 visiteurs) proche de la dernière édition de 2019 d’avant-Covid, le stand du service de placement transfrontalier de Pôle Emploi qui ne désemplissait pas, et la présence de plusieurs cabinets de recrutements basés à Fribourg-en-Brisgau et environs à la recherche de candidats du Sud-Alsace. Portrait express de trois d’entre eux et résumé de leur vision du marché du travail.

Basé à Fribourg-en-Brisgau avec une agence à Ludwigsburg, Probono (six salariés en direct et un réseau d’une centaine de partenaires) a développé des spécialités en intérim et entamé depuis quelques années le placement de travailleurs frontaliers français.

Probono tandem

© Mathieu Noyer

« Nous avons tissé un réseau de relations avec des acteurs comme l’organisme de formation Afpa, Pôle Emploi et Infobest (information aux frontaliers) », soulignent Daniel Braun, responsable d’agence à Fribourg (à droite) et Dimitry Dejn, conseiller emploi.

Le cabinet intervient dans la plupart des branches (industrie, artisanat, santé, fonctions commerciales, logistique et distribution…). « Le secteur de la santé représente aujourd’hui le plus gros pôle de besoins. Mais c’est aussi l’un de ceux qui requièrent les qualifications les plus importantes : la sélection s’opère sur ce critère, davantage que sur la maîtrise de la langue allemand. Dans ces conditions, l’excellente formation des candidats français les placent en position favorable par rapport aux autres candidats, venant notamment d’autres pays étrangers », analyse Daniel Braun.

« Où sont les gens ?

Avec un effectif de 600 collaborateurs, la société A/M/E compte parmi les plus importantes agences d’intérim de Bade-Wurtemberg . De propriété familiale, elle intervient depuis son siège de Fribourg-en-Brisgau et de ses succursales de Karlsruhe, Villingen et Worms en Rhénanie-Palatinat. Elle propose aux entreprises des prestations qui consistent à sonder au préalable le marché de travail d’un segment d’activité pour lesquels l’employeur prévoit des recrutements. Active dans tous les secteurs d’activité, elle constate également un déficit de main d’œuvre sur la rive allemand du Rhin particulièrement dans l’industrie, l’artisanat, la santé, ou encore le transport-logistique.

Sabine Ortleb cabinet A/M/E

© Mathieu Noyer

« Le phénomène n’est pas neuf mais il atteint une intensité que nous n’avons pas vu depuis une dizaine d’années au moins. A force de chercher les candidats, on en vient à se demander : où sont les gens ? », témoigne Sabine Ortlieb, conseillère emploi.

Mieux qu’en 2019

Comptant huit collaborateurs, Personal 4U mise sur la « flexibilité et rapidité » d’une petite entreprise pour se développer sur le marché des recrutements, en travail temporaire comme en contrats à durée indéterminée. Ses équipes se répartissent entre Fribourg-en-Brisgau et Müllheim. Elle pointe les techniques médicales et l’industrie pharmaceutique comme deux des secteurs les plus recruteurs en ce moment sur la rive allemande du Rhin supérieur, et de façon plus ponctuelle, la logistique.

Jehmlich Personal 4U

© Mathieu Noyer

« Le marché du travail tel qu’on l’observe en août 2021 affiche un dynamisme encore supérieur à 2019, il s’est donc plus que remis de la crise sanitaire. Les employeurs font cependant encore fait preuve d’une certaine prudence, qui peut les amener à embaucher d’abord en contrat temporaire avant de passer au CDI », analyse Nico Jehmlich, responsable de l’agence de Fribourg.

 Depuis son implantation à Müllheim, le cabinet observe aussi le marché des bassins français et allemand frontaliers de Bâle. Il y relève actuellement  le retour parmi les demandeurs d’emploi « des Français de plus de 50 ans qui perdent leur poste à Bâle, dans des secteurs industriels notamment », selon Nico Jehmlich.

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