Région de Bâle

Les CCI font front commun contre la bouderie entre l’Europe et la Suisse

Les CCI de la région Trois Frontières ont exprimé leur volonté d'aller de l'avant malgré l'arrêt des négociations d'un accord-cadre entre la Suisse et l'Union européenne.

CCI réunion Bâle

Puisqu’il y a blocage à l’échelon supérieur, organisons-nous pour avancer localement : tel est en substance le message que souhaitent adresser les chambres de commerce et d’industrie de l’espace des Trois frontières à l’Union européenne et à l’Etat fédéral suisse, dont les négociations sur un accord-cadre de coopération ont échoué. Elles l’ont formulé dans une déclaration commune le 23 juillet à Bâle.

Le texte élaboré par la CCI des cantons de Bâle-ville et Bâle-campagne et celles d’Alsace Eurométropole et de Hochrhein-Bodensee insiste sur le besoin de renforcement de la coopération dans l’espace économique trinationale, l’appel à l’ouverture des frontières, l’intensification des liens entre les institutions transfrontalières et la poursuite de la voie bilatérale de discussion, mise à mal par l’arrêt des négociations de l’accord cadre Suisse-UE en mai dernier.
Cet épisode fragilise les accords de libre circulation préexistants en empêchant leur actualisation. Les trois CCI déclarent « attendre maintenant de la Suisse et de l’Union européenne qu’elles en limitent les dégâts », en particulier sur les « obstacles techniques au commerce », la libre circulation des personnes dans un espace de 60 000 travailleurs frontaliers, et la coopération en matière de recherche. Concernant ce dernier point, trouver les moyens de permettre aux Suisses de continuer à participer aux programmes de recherche européen constitue l’une des « solutions pragmatiques » que les chambres consulaires déclarent attendre des gouvernements.

Martin Dätwyler

© HKBB

« Nous avons besoin de solutions rapides car le monde économique ne peut pas attendre », a ainsi appuyé Martin Dätwyler, directeur de la CCI bâloise.

Filiales suisses en Allemagne

Signe de l’empressement à réagir à la situation, de premiers cas ont été rapportés d’entreprises suisses en train de créer des filiales en Allemagne pour sécuriser leurs positions au sein de l’UE.
La réunion à Bâle, sur la rive du Rhin a été marquée d’ailleurs par la présence en guise de soutiens d’une vingtaine de chefs d’entreprise qui vivent les vertus du transfrontalier au quotidien.

Plusieurs élus se sont également joints à l’initiative, comme Frédéric Bierry le président de la Collectivité européenne d’Alsace.

 

Ministre BW

Nicole Hoffmeister-Kraut (à gauche), le 23 juillet avec Elisabeth Schneider-Schneiter, présidente des CCI de Bâle. © HKBB

« L’entrave progressive à la libre circulation menace dans l’espace transfrontalier. Les obstacles techniques et bureaucratiques sont déjà ressentis sur les procédures d’enregistrement des produits médicaux, ils se propagent à l’industrie mécanique et aux biens d’équipements, en attendant peut-être le digital », a déclaré Nicole Hoffmeister-Kraut, ministre de l’Economie du Land de Bade-Wurtemberg.

Pour le député européen allemand Andreas Schwab, les conséquences sont purement catastrophiques : « On a perdu 15 ans, et c’est un gouffre à l’ère de la mondialisation qui nous met en concurrence avec les Etats-Unis ou la Chine ».

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