Région de Bâle

L’Eurodistrict de Bâle veut reposer avec souplesse sur trois pieds

Attaché à sa forme associative, l’Eurodistrict trinational de Bâle (ETB) entend traduire en mesures opérationnelles la vision de son avenir à l’horizon 2030, caractérisé par un dialogue entre trois pays, dont l’un n’est pas membre de l’Union européenne.

 

Bâle

Réparti sur trois pays, situé à une frontière de l’Union européenne, de statut associatif : l’Eurodistrict trinational de Bâle (ETB) cultive les particularismes au sein de sa petite famille des organismes de coopération transfrontalière qui ont émergé au début de ce XXIème siècle. Il les tire de sa géographie bien sûr, mais aussi de son histoire. L’ETB succède depuis 2007 à l’ATB, l'Association pour l'agglomération trinationale de Bâle.

Vélo ETB

Une carte des circuits à vélo vient d'être éditée. © ETB

La création de celle-ci, cinq ans plus tôt, a traduit le début d’un dialogue transfrontalier significatif au sein d’un territoire où l’on s’est longtemps côtoyé sans vraiment se rencontrer. La méfiance était parfois de mise entre la puissante métropole bâloise, dotée d’un authentique gouvernement local, et ses voisins allemands et français plutôt complexés. Le temps a fait évoluer les mentalités et a conduit à la naissance de cette première structure, grâce notamment à la forte implication du maire d’alors de Saint-Louis (Haut-Rhin), Jean Ueberschlag.
Les acteurs ont tellement pris à cœur de rattraper le retard que l’ATB s’est mise à accumuler les études en aménagement du territoire et en transports. On en dénombre une dizaine  entre 2003 et 2007 dans le cadre d’Interreg-III. Ces travaux ont fortement contribué à donner leur dimension transfrontalière aux projets structurants qui se sont concrétisés depuis, comme l’extension du réseau de tramway de Bâle, l’émergence d’un nouveau quartier « 3Land » à partir des terrains libérés par le port suisse, ou récemment la publication d’une carte des réseaux à vélo.

Duvinage

© Julien Kauffmann

«  Mais à force de s’enchaîner, ces études risquaient de transformer de fait l’ATB en une agence d’urbanisme transfrontalière. Telle n’était pas la volonté politique », rappelle Frédéric Duvinage, directeur de l’ETB après avoir été à la tête de l’ATB.

Animation

La création de l’ETB s’est dès lors accompagnée d’une redéfinition de son positionnement, dont le président nouvellement élu, Thomas Zeller maire de Hégenheim, souhaite renforcer les caractéristiques.

Thomas Zeller

© Julien Kauffmann

« Nous voulons apparaître moins comme un outil technique que comme une structure d’animation, plus ouverte à la société civile », explique Thomas Zeller, président de l'ETB.

Tel est le sens par exemple du Fonds de rencontre solidaire qui a été initié en 2015 pour l’aide aux petits projets du quotidien (200 000 euros attribués à une cinquantaine de dossiers au total) et celui de la participation citoyenne qui a été organisée au premier semestre. Celle-ci a pris deux formes : un questionnaire auquel 1 200 habitants ont répondu, et un Dialogue citoyen constitué d’ateliers thématiques. La concertation  a permis de remettre en exergue les préoccupations de la population et de consolider les axes qui entendent guider l’ETB dans les prochaines années. Celui est en effet engagé dans l’élaboration de sa « stratégie 2030 », selon une procédure par étapes qui part du plus général pour aller vers du plus en plus précis…et concret, espèrent les élus.
« C’est là que notre organisation sous statut d’association de droit local (et non en GECT groupement européen de coopération territoriale, Ndlr), trouve sa pertinence : elle nous permet de fonctionner en mode projet, de façon souple », observe Frédéric Duvinage.

Onze axes stratégiques

Bouchons Bâle

Les difficultés de mobilité sont une grande préoccupation des habitants. © Julien Kauffmann

Quatre « thèmes » définissent la vocation de l’ETB, de façon très générique et sans surprise : « servir de plate-forme d’échange et de dialogue », « promouvoir des rencontres entre les habitants », « représenter l’intérêt des membres et transmettre des informations », « initier et coordonner des projets ».   Onze « axes stratégiques » en découlent, assortis d’objectifs. L’étape-clé, cet automne, consistera à les traduire en mesures opérationnelles,  alimentées par les centaines  d’idées et projets ressortis de la consultation citoyenne.

« L’aménagement du territoire et les mobilités en constitueront les repères. C’est clairement la question des déplacements qui suscite le plus d’attentes. A contrario, nous avons aussi choisi de ne pas tout traiter : nous ne sommes pas saisis du sujet de la santé, estimant que son territoire transfrontalier de gestion le plus pertinent est plus vaste, soit l’ensemble du Rhin supérieur », indique Thomas Zeller.
De même, l’ETB reste en arrière-plan sur les sujets, sensibles, des zones d’activités et de l’offre commerciale. Les thèmes de travail ne manquent pas pour autant. Outre les mobilités et l’aménagement, l’ETB s’investit sur la protection du climat et l’environnement, l’éducation et le plurilinguisme ou encore, la numérisation.  C’est ainsi que dans le cadre du traité d’Aix-la-Chapelle qui renforce les Eurodistricts, il prend l’animation de deux groupes d’expertise au sein du Comité de coopération transfrontalière institué par l’accord : le télétravail et ses implications fiscales ; la digitalisation des procédures administratives transfrontalières. France et Allemagne, parties contractantes du traité, y ont en effet intégré à part entière cet Eurodistrict élargi à la Suisse.

 

Tram Bâle

L'ETB a préparé l'extension du tram de Bâle à Saint-Louis. © Julien Kauffmann


Fiche descriptive de l’ETB

Création en 2007
82 collectivités membres
6 salariés à temps plein
Siège au pont frontalier du Palmrain à Huningue (Haut-Rhin)
900 000 habitants
Budget annuel (fonctionnement et financement de projets) : 1,7 million d’euros.

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