Wallonie

Le “Renard du Cazier”, figure d’un passé transcendé

Le sauveteur Angelo Calvan a été l’un des héros de la catastrophe minière du Bois du Cazier à Charleroi. Sur place, un mémorial rend leur identité à chacune des 262 victimes de douze nationalités différentes.

Bois du Cazier Charleroi MEMORIAL

Le sauveteur Angelo Galvan, surnommé le “Renard du Cazier”, avait fait la Une de Paris-Match. Ce mineur d’origine italienne, qui avait  grandi entre les terrils du pays de Charleroi, a été l’une des figures de la tragédie du 8 août 1956. Tout comme l’a été l’assistante sociale Geneviève Ladrière, baptisée l’”Ange du Cazier”. 

Du 5 au 8 août prochain, sur l’ancien carreau de mine de Marcinelle, dans la banlieue de Charleroi, auront lieu plusieurs commémorations en souvenir du 66ème anniversaire de cette catastrophe. La cloche émettra 262 tintements, comme autant de victimes de cet incendie provoqué à la suite d’une erreur humaine dans un contexte insuffisamment sécurisé. 275 hommes étaient descendus ce jour-là.

Porion de nuit, Angelo Galvan venait de rentrer chez lui lorsqu’il a vu la fumée sortir du puits. Il est aussitôt reparti, équipé de son respirateur. Des jours durant, il s’est faufilé dans les galeries les plus étroites dans l’espoir de trouver des survivants. Il “était allé jusqu’au bout du courage et prétendait que ce n’était rien. Il avait fait son devoir. Comme pendant la guerre où il était entré dans le maquis pour chasser les fascistes”, rapporte le journaliste Marcel Leroy dans l’ouvrage collectif “Le Bois du Cazier-Patrimoine mondial” (éd. Renaissance du livre). Angelo Galvan, sillicosé à 100%, est décédé en 1988. Il avait achevé sa carrière comme directeur des travaux, puis, une fois retraité, avait continué à témoigner en particulier auprès des plus jeunes. 

Il connaissait par cœur tous les prénoms de ses compagnons décédés. Leurs noms sont toujours égrenés, dans le mémorial qui leur est dédié au Bois du Cazier. Ils sont là, en photo pour l’essentiel, ces hommes aux origines diverses: majoritairement italiens (136) et belges (95), mais aussi français, allemands, hongrois, algériens, polonais, grecs, anglais, hollandais, ukrainien et russe. A côté, le mur du souvenir témoigne de l'onde de choc internationale qu’a suscité le drame. La France et l’Allemagne avaient envoyé des secours en renfort, l’Italie a fait du Bois du Cazier un petit bout de territoire national.

Toute proche aussi, la magnifique peinture murale du collectif Quintêtes rassemblé autour de Charles Szymkowicz, artiste européen majeur. Son nom?  “Deux cent soixante-deux”. 

Depuis 2007, l’ancien charbonnage wallon est membre de la Coalition internationale des sites de conscience, à l’instar de Guernica, de Mauthausen, de la Fondation Eleanor Roosevelt ou encore de Bhopal. 

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