La Manhay Military Fair donne le coup d’envoi des célébrations du 80ème anniversaire de la Libération
Le 7 avril prochain, la bourse aux équipements militaires américains organisée à Manhay (Wallonie) donnera le coup d’envoi des spectaculaires commémorations de la bataille des Ardennes.

Dimanche 7 avril, le petit village wallon de Manhay engagera une campagne particulière. La bourgade n’a jamais oublié la terrible bataille des Carrefours qui vit, en décembre 1944, les forces américaines et allemandes se confronter en un combat décisif. Les cérémonies du 80ème anniversaire de cette ultime offensive de la Waffen SS, qui se déroula du 23 décembre 1944 à janvier 1945, s’annoncent mémorables. Pour financer les commémorations et la reconstitution qui mobilisera quelque 300 bénévoles, l’association 44-45 History Remember ASBL organise la bourse Manhay Military Fair - Indoor military antiques and collectibles show. Elle réunira une quarantaine d’exposants professionnels et amateurs sur 250 mètres linéaires.

Frédéric Winkin, président de l’association 44-45 History Remember. DR
« Les vendeurs sont soit des professionnels de la vente de surplus militaires, soit des collectionneurs particuliers. Nous accueillerons également des entreprises spécialisées dans la reconstitution de matériel militaire utilisé pour des films ou des séries évoquant la Deuxième Guerre mondiale. En revanche, la vente d’armes, même démilitarisées, n’est pas permise », indique Frédéric Winkin, président de l’association 44-45 History Remember.
Également secrétaire général de Ardennes History 44 Remember, le sexagénaire est propriétaire d’un musée privé implanté à Aywaille, en Wallonie. Le devoir de mémoire prend, cette année, une résonance particulière en raison du 80eme anniversaire de la bataille des Ardennes. Les fonds récoltés lors de la bourse de ce mois d’avril permettront d’accueillir, de préparer et d’habiller les centaines de bénévoles qui participeront, en décembre prochain, à la reconstitution des combats prévue à Manhay.

© Musée 40-45 à Awyaille.
Moins connue que Bastogne, cette commune de 3.500 habitants entretient le souvenir vivace des combats qui l’ont en grande partie dévastée. En 2018, un musée flambant neuf est venu ancrer cette mémoire. Le village organise chaque année des reconstitutions qui prennent de plus en plus d’ampleur. Hautement symbolique, l’édition 2024 mettra en vedette le tank M4 Sherman reproduit dans le film Fury, sorti en 2014, ainsi que l’un des derniers chars Panther qui trône toujours à quelques encablures du musée de Manhay. Un vétéran centenaire de l’armée américaine doit y être accueilli.
Des commémorations très populaires

Eddy Monfort, président de Ardennes History 44 Remember. DR
« Manhay est un petit village porteur d’une grande histoire. On nous prédisait déjà la fin des commémorations lors du 50eme anniversaire. Or, loin de s’essouffler, la participation citoyenne n’a pas cessé d’augmenter », indique Eddy Monfort, président de Ardennes History 44 Remember.
L’association coopère avec des homologues luxembourgeois et français, chaque délégation soutenant les initiatives des voisins. Si vivaces soient-elle, les manifestations demeurent néanmoins très locales. « Gratuites pour les visiteurs, les célébrations prévues en décembre seront essentiellement financées par la commune, par des sponsors locaux et par des dons. « Les commémorations que nous organisons restent populaires, voire familiales. Nous recevons beaucoup d’enfants de vétérans américains qui reviennent d’année en année », souligne Eddy Monfort. L’association américaine du C-47, du nom de l’avion qui achemina les troupes américaines lors du Jour J, compte deux branches européennes, l’une en Belgique, l’autre dans le village normand de Sainte-Mère Eglise. Elle s’est spécialisée dans les voyages mémoriels des vétérans et de leurs familles
Un regain de militaria
La passion de la militaria – terme désignant les collectionneurs d’objets nécessaires à l'activité militaire de tous les pays et de toutes les époques – peut surprendre, voire inquiéter, à l’heure où la guerre flambe à nouveau aux portes de l'Europe. « Alors que le service militaire a disparu en France comme en Belgique, nous voyons de plus en plus de jeunes en recherche de repères qui ont envie de s’impliquer dans des jeux de rôles, qu’il s’agisse de batailles médiévales, de combats de la Première Guerre mondiale ou de conflits plus récents, comme la guerre Iran-Irak. Ils sont à la recherche de sensations, de camaraderie et se passionnent pour les reconstitutions historiques, sans être forcément autant des va-t'en-guerre», assure Frédéric Winkin.
© MHM44