60 ans du Traité de l’Elysée

De Gaulle et Adenauer ont scellé la réconciliation à Reims

La signature du traité de l’Elysée, il y a 60 ans, a été précédée par la rencontre, déterminante, entre le général De Gaulle et le chancelier Adenauer le 8 juillet 1962 à Reims. La ville champenoise avait été choisie pour des raisons historiques. Plaques, vitraux d’artistes internationaux et musée en témoignent.  

De Gaulle et Adenauer Reims
Les deux plaques devant la cathédrale de Reims, rédigées en allemand et en français, sont signées Charles de Gaulle. © CD

Avant la signature du Traité de l’Elysée, il y a eu la réconciliation franco-allemande scellée à Reims le 8 juillet 1962. Une photo en noir et blanc a immortalisé Charles de Gaulle et Konrad Adenauer écoutant, côte à côte, le Te Deum de Mozart dans le chœur de la cathédrale Notre-Dame. Cette démarche hautement symbolique est intervenue au terme d'un voyage officiel en France du chancelier allemand. Ce dernier en saluera “la portée historique” pour “le monde libre” tandis que le général De Gaulle évoquera “la grande tâche européenne et mondiale qu’ont à accomplir en commun les Germains et les Gaulois”

Défilé franco-allemand à Mourmelon

On est déjà au-delà de l’image (surtout utilisée côté français) du couple franco-allemand et de la simple pacification des relations. Juste avant de se rendre à la cathédrale, les deux chefs d’Etat avaient en effet assisté à un défilé des troupes françaises et allemandes au camp militaire de Mourmelon-le-Grand (Marne). Dix-sept ans après la Seconde Guerre mondiale, en pleine Guerre froide entre l’ex-URSS et les Etats-Unis, la défense tente, vaille que vaille, de contribuer à la construction européenne. 

Du 4 au 9 septembre 1962, le président français sera à son tour accueilli dans l’ancienne République fédérale d’Allemagne (RFA). Ces déplacements vont donc déboucher sur le traité d’amitié, dit de l’Elysée, du 22 janvier 1963. Ils posent également le premier jalon des futures rencontres entre les chefs d’Etat français et allemand. En 2012, le 50e anniversaire de la réconciliation a ainsi été célébré à Reims par le président François Hollande et la chancelière Angela Merkel.

De Gaulle et Adenauer Reims

Le chancelier Adenauer et le général De Gaulle à la cathédrale Notre-Dame, célèbre photo attribuée à Egon Steiner. © Egon Steiner

D’éclairants vitraux de Chagall et Knoebel

A Reims, deux plaques, l’une en allemand, l’autre en français, insérées sur le parvis de la cathédrale gothique, rappellent cette date fondamentale de l’histoire européenne. A l’intérieur de l’édifice religieux, d’imposants vitraux contemporains, signés du français Marc Chagall et de l’allemand Imi Knoebel, prolongent la symbolique. 

L'artiste juif natif de Biélorussie avait été sollicité par le Comité des Bâtisseurs de Champagne-Ardenne. Marc Chagall a ainsi donné naissance, entre 1968 et 1974, à un ensemble de verrières haut de 10 m et comprenant six lancettes et trois rosaces. Une œuvre que côtoient désormais, de part et d’autre,  les vitraux d’Imi Knoebel, élève de Joseph Beuys à l’académie de Düsseldorf. Ses six premiers vitraux résultent d’une commande du ministère de la Culture français pour les 800 ans de la cathédrale de Reims, en 2011. Trois vitraux supplémentaires ont été offerts en 2015 grâce à une action de mécénat menée par Imi Knoebel et la Fondation pour l’art de la Rhénanie du Nord, à l’occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale. 

La commande faite à Imi Knoebel avait également favorisé un échange de savoir-faire entre les maîtres-verriers français, dont l’atelier Simon Marq de Reims qui avait réalisé ceux de Marc Chagall, et la verrerie Lamberts, à Waldsassen, en Bavière, spécialisée dans les verres plats soufflés à la bouche.

Le jour d’avant le 8 mai 1945

Charles de Gaulle avait choisi la cité des sacres, par sens de l’histoire: ville du couronnement de 31 rois de France, Reims avait vu sa cathédrale partir en fumée en septembre 1914 à la suite de bombardements allemands. C’est aussi à Reims qu’a été signée la capitulation sans condition des forces armées du IIIeme Reich, le 7 mai 1945, dans une petite école où le général Eisenhower avait installé son quartier général. La “salle des cartes” a d’ailleurs été conservée dans son état d’origine. Transformée en musée de la Reddition, elle permet également de comprendre pourquoi Staline avait demandé, et obtenu des Alliés, que la ratification de Reims soit considérée comme un simple préliminaire à la cérémonie officielle qui se tiendrait à Berlin le lendemain, soit le 8 mai 1945.

Musée de la Reddition - Portail officiel des Musées de Reims (musées-reims.fr)

 

De Gaulle et Adenauer Reims

Trois des vitraux d’Imi Knoebel, inaugurés en 2015 par les ministres franco-allemand des Affaires étrangères de l’époque, Laurent Fabius et Frank-Walter Steinmeier. © DracGrandEst

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