Lorraine - Luxembourg

Le Pays Haut-Val d’Alzette invente la smart-city rurale et transfrontalière

Petit territoire rural transformé, grâce à sa position frontalière du Luxembourg, en Opération d’intérêt national, la communauté de communes du Pays-Haut-Val d’Alzette enchaîne depuis une décennie les innovations environnementales. Sa plateforme numérique Eclor, en cours de déploiement, illustre une nouvelle manière de gérer la donnée publique.

Vue Villerupt
Patrick Risser

© DR

« Certains territoires ont été intelligents bien avant d’être connectés. Le château fort était un modèle d’adaptation à l’environnement et à l’époque du Moyen-Age. Chez nous, les usines sidérurgiques ont généré une organisation qui accompagnait les ouvriers tout au long de leur vie. C’est cette inventivité que nous voulons recréer, en y ajoutant la gestion de la donnée », annonce Patrick Risser, président de la communauté de communes du Pays-Haut-Val d’Alzette (CCPHVA).

Lampadaires-caméras

Réalisé au trois quarts, mais freiné par les difficultés d’approvisionnement en matériel électrique, le remplacement des 4.500 lampadaires du territoire ne se limite pas à au passage au led, qui fera économiser jusqu’à 75 % des coûts de l’éclairage.

Julien Vian

DR

« L’éclairage public forme un réseau électrique et numérique qui peut collecter d’autres données grâce à des caméras ou à des instruments de mesure de la qualité de l’air », explique Julien Vian, directeur général des services de la CCPHVA.

Ainsi, dès le printemps prochain, des capteurs de pollen permettront aux habitants d’anticiper les pics d’allergènes.

Les caméras fixées aux lampadaires serviront prochainement à surveiller les points d’apports volontaires de déchets qui donnent parfois lieu à des incivilités dans les nouveaux quartiers d’habitations. Elles permettront aux deux agents de la police des déchets recrutés en septembre dernier de repérer les habitants négligents ou les personnes extérieures au quartier qui déposent des ordures au pied des conteneurs enterrés.

Un système transparent

Dans la déchetterie intercommunale, d’autres caméras comptent déjà les véhicules et préviennent des intrusions. Une nouvelle application territoriale permettra bientôt aux habitants d’évaluer leur temps d’attente depuis leur smartphone. Grâce à un « Boin coin » local, les habitants pourront proposer leur vieux canapé à la vente ou au don avant de le jeter, ou proposer une place dans la camionnette en partance pour la déchetterie. Un système prédictif anticipera les pics de fréquentation et les taux de remplissage des bacs, pour mieux gérer leur rotation.

« Nous tenions à mettre en place un système transparent, à conserver la maîtrise de nos données et à décider nous-mêmes de nos applications, sans qu’un opérateur privé puisse décider des usages que nous en ferions », affirme Patrick Risser.

Lauréats de l’appel d’offres de 2019, Engie et Cap Gemini ont conçu un système interopérable dont chaque composante s’intègre à un ensemble sans nécessiter de développement supplémentaire.

 Les prochaines applications porteront sur l’e-commerce local et sur la mise en place d’un agenda culturel ouvert à tous. La CCPHVA entretient une collaboration étroite avec l’association Esch 2022, qui organise les célébrations d’Esch-sur-Alzette, capitale culturelle de l’Europe en 2022. Des ateliers spécifiques posent les jalons d’une plateforme culturelle qui permettrait au territoire tout entier d’afficher l’ensemble de sa programmation culturelle en temps réel.

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