Grand Est – Grande Région – Rhin supérieur

Ceser du Grand Est : « Passer de l’esprit de coopération à une communauté de vie »

Nouvellement installé, le conseil économique, social et environnemental (CESE) du Grand Est compte décliner la thématique transfrontalière sur l’ensemble de ses actions. La présidente Marie-Claude Briet-Clermont et Patrice Harster, président de la commission Coopérations transfrontalières et relations internationales, reviennent sur les enjeux d’une assemblée qui s’installe durant une période charnière.

Patrice Harster et Marie Claude BRIET CLEMONT
Marie-Claude Briet-Clermont

© Pascal Bodez Région Grand Est

Les leçons de la crise

Marie-Claude Briet-Clermont : Notre assemblée s’installe dans une période de retour de l’activité. De nouvelles perspectives s’ouvrent, mais il faudra tirer les enseignements de la crise. Par exemple, nous nous sommes aperçus que les normes différentes ont constitué des freins, alors que nous avions les moyens de transformer les contraintes en leviers.
Le Ceser est un laboratoire d’idées. Il s’attachera à passer de l’esprit de coopération à une communauté de vie, en déclinant la thématique transfrontalière au long de six grands axes : la mobilité et le développement territorial, l’éducation et l’apprentissage, le tourisme et la culture, l’économie et la compétitivité, l’éducation à la citoyenneté et  la dimension d’écocitoyenneté et de durabilité.
C’est ainsi que nous pourrons façonner un ensemble plus compétitif, il faut éviter le repli sur soi, le repli identitaire et le nationalisme.

Patrice Harster

© Pamina

Patrice Harster : Les attentes  et besoins des citoyens sont différents selon que l’on vit la frontière au quotidien ou que l’on s’en éloigne. Il faut prendre en compte la dimension de proximité tout au long des 750 kilomètres de frontières que compte le Grand Est. Il s’y pose des questions très difficiles à régler, notamment en matière de fiscalité. Par exemple, les travailleurs frontaliers qui ont subi des périodes de chômage partiel ont perdu jusqu’à 50 % de leur revenu. La question est remontée jusqu’au conseil des ministres franco-allemand, mais les politiques ont botté en touche et nous n’avons pas de solution à ce jour. Nous avons un rôle à jouer dans ce type de problèmes.

De nouveaux modes de gouvernance

Marie-Claude Briet-Clermont : Le cadre juridique évolue et ouvre de nouveaux champs des possibles. La collectivité européenne d’Alsace est passée des intentions aux textes en s’emparant de compétences que la loi NoTre conférait aux régions. Le Ceser n’a pas à se prononcer pour ou contre, mais il s’attachera à mesurer l’incidence de cette évolution sur les sujets éminemment régionaux comme les politiques routières et autoroutières. De même, nous serons très attentifs au droit à la différentiation, qui va être sanctuarisé.  Toute dynamique permettant l’expérimentation et l’essaimage doit être évaluée à l’échelle de la région et e la Grande Région, pour contribuer à l’amélioration permanente des politiques publiques.

Patrice Harster : Nous avons la chance d’évoluer dans un environnement transfrontalier très riche, qui compte une quarantaine de structures financées par des fonds publics. Ce foisonnement entraîne de la complexité. Chaque évolution peut avoir, pour les citoyens frontaliers, des répercussions dont l’Etat français se préoccupe rarement. C’est pourquoi les instances du CESER et celles de la société civile se doivent d’anticiper les conséquences des changements.

Des projets

Marie-Claude Briet-Clermont : Esch 2022, capitale européenne de la Culture, constitue un événement très important. Il n’est pas concevable que nous n’y participions pas ou que nous ne fassions rien ensemble. De même, nous pourrions donner une connotation plus transfrontalière à la fête de l’Europe, qui est pour l’heure plutôt française. Plus globalement, nous souhaitons nous rapprocher de représentants de la société civile, conseils de citoyens, conseils de jeunes, conseils d’aînés ou autres, pour créer des passerelles. Nous sommes le seul CESE de France à faire partie d’un comité économique et social transfrontalier. Nous sommes la région la plus frontalière de France et détenons à ce titre une expérience unique, pour laquelle d’autres régions viennent nous solliciter. Nous avons une chance de devenir un territoire d’exemplarité.

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