Rhin supérieur

Un cadre d’aménagement commun pour contrer le réchauffement

Confrontées au changement climatique qui affecte sans distinction leurs territoires, les collectivités françaises, allemandes et suisses du Rhin supérieur répondent par une planification relativement similaire.  Seules des actions partagées à tous les échelons locaux pourront- peut- être – atténuer l’impact du réchauffement.

IBA Stratégie espaces ouvertes

Le 10 juin dernier, le congrès en ligne « Aménagement au service de la protection du climat », qui a réuni quelque 200 experts sous l’égide de l’association transfrontalière Trion-Climate, s’est ouvert sur un diagnostic météorologique alarmant.

Car le constat dressé pour la Rhénanie-Palatinat par Ulrich Matthes, directeur du centre de compétences pour le climat du Land, vaut pour les autres composantes du Rhin supérieur. Les températures grimpent nettement depuis 1990. L’intensification du phénomène depuis dix ans aboutit à une température moyenne annuelle de 10 °C, les événements extrêmes (grandes crues, canicules…) s’avèrent plus fréquents et plus intenses et les jours de gel fondent : de 80 jours en moyenne en 1990, ils devraient passer à de 50 en 2050. Sans mesures correctives, la température moyenne pourrait s’élever de 3 à 4,5 degrés d’ici à la fin du siècle. Et une politique volontariste n’empêcherait pas une élévation de 1 à 1,5 °C.

Ullrich Matthes

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 « La portion située dans le Rhin supérieur concentre systématiquement les températures les plus élevées », estime Ullrich Matthes.

Bâtiments compacts

La réaction des collectivités ne peut être que collective, ont estimé à l’unisson plusieurs intervenants. Dans le Bade-Wurtemberg, elle cible notamment la construction au moyen d’un « concept général » adressé aux communes.

Thomas Steidle

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« Ce concept comprend une feuille de route de long terme de la rénovation des bâtiments et de la conversion d’approvisionnement en chaleur aux énergies renouvelables.  En tant que document-cadre, il donne une visibilité budgétaire, sur les montants à investir chaque année », a exposé Thomas Steidle représentant l’agence de l’énergie et de la protection climatique (KEA) du Land.

Pour la construction neuve, il insiste sur l’enjeu de la compacité des bâtiments, en vertu d’un postulat simple : « plus vous augmentez la surface habitable, plus vous consommez d’énergie ». Pour la KEA, la densité de référence commence à 80 habitants par hectare. Ce processus donne la maîtrise de la planification aux communes, qui sont vues comme la catégorie de collectivités la plus légitime à jouer un rôle-pilote. Celles-ci intègrent leur concept à la planification régionale.

Du coaching climatique pour les communes

De même en Grand Est,  le schéma d’aménagement Sraddet, rebaptisé plus simplement Grand Est Territoires, poursuit l’objectif de donner un cadre commun au territoire régional, « d’articulation entre les règles nationales et les documents d’urbanisme locaux ». Le schéma vise à stimuler un « réseau d’accompagnateurs des acteurs » sur des thématiques comme la qualité de l’air ou la végétalisation dans les projets urbains. Ce qui n’est pas sans évoquer des analogies avec le projet « coaching pour l’adaptation au changement climatique » en Rhénanie-Palatinat. Porté d’avril 2018 à mars dernier par la « Stiftung (fondation) für Ökologie und Demokratie », il a conseillé 5 communes dont Coblence et Zweibrücken.

Secteurs cibles à Bâle

A Bâle-ville, l’action se structure fortement. Le plan climat que le canton doit adopter l’automne prochain repose sur le principe de mesures prioritaires dans des secteurs cibles : ceux, essentiellement situés dans le centre historique et le nord très urbanisé, dont la température moyenne a été mesurée comme supérieure de 6°C  à celle de la ville en général. La ville y prévoit un traitement de choc, à grand renfort de projets-pilotes, pour améliorer les modes de construction,  récupérer les eaux, végétaliser les toitures et les façades et développer les espaces verts.

 « Ces secteurs sont trop peu dotés en parcs, alors que l'agglomération dans son ensemble en est pourtant richement dotée », relate Bettina Rahuel, cheffe de projet au département construction-transports du canton.

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